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C'est probablement en raison de l'organisation
tardive du territoire que Mayotte diffère des autres départements
français. Là où un département « classique » est
divisé en plusieurs dizaines de communes, Mayotte n'en compte que
dix-sept. La superficie moyenne d'une commune française est de 14,8
km² alors qu'à Mayotte, elle est de 21 km², malgré l'extrême
petitesse de l'île. La superficie de Mayotte est de 374 km², à
peine plus que le Cap Corse, qui est cependant également un cas
particulier.
Pour poursuivre la comparaison, le Cap Corse ne
compte que 18 communes, mais pour moins de 6,000 habitants alors que
Mayotte flirte avec les 200,000 habitants sur une surface à peine
plus grande! Et le Cap Corse n'est pas, en terme d'urbanisation,
comparable à la région parisienne ou Paca. 300 habitants par
commune d'un côté, plus de 11,000 de l'autre. La population moyenne
d'une commune française se situe autour de 1,700 habitants. Une
commune mahoraise compte donc environ six fois et demie plus
d'habitants que la moyenne des communes françaises.
Il existe d'autres différences, beaucoup plus
fondamentales et qui poseront fatalement d'énormes problèmes
d'urbanisation dans le futur. La plus flagrante concerne la surface
occupée par chaque foyer, qui influe directement sur la superficie
occupée par les villages par les constructions.
La maison n'a, jusqu'à maintenant, pas du tout le
même rôle, ni la même importance, à Mayotte qu'en Europe. Les
constructions en dur sont très récentes. Même la case en terre n'a
été introduite à Mayotte qu'au début du XXème siècle, par des
« engagés » en provenance d'Anjouan (les travailleurs
« engagés » n'étaient pas esclaves, mais on en n'était
pas loin...). Jusqu'à cette date, l'habitat était constitué de
feuilles de coco tressées, comme on en trouve encore quelques
exemples sur l'ilot
de Mtsamboro. Traditionnellement, l'habitat n'est pratiquement
utilisé que la nuit. Dans la journée, la population vit dehors. Les
besoins en surface couverte et close sont donc nettement inférieurs.
Mais cet élément risque fort d'évoluer dans les prochaines années.
En effet, les habitudes de vie changent très vite et
s'occidentalisent. Les jeunes générations auront d'ici peu un style
de vie très voisin de celui de la métropole, même si, le climat
faisant, la vie au dehors sera très probablement toujours
privilégiée, mais cela se traduit dès à présent par une
architecture différente où les terrasses ont une grande importance.
D'ailleurs les constructions récentes ou en cours
de réalisation le montrent : il n'est pas rare de voir des
habitations de plusieurs centaines de mètres carré (les impôts sur
le foncier bâti n'existent pas encore, ils seront mis en place à
partir de 2011). Jusqu'à aujourd'hui, ces constructions
appartiennent aux classes les plus aisées, mais le niveau de vie de
toute la population augmentant, il est très probable que la surface
moyenne des habitations va aller en augmentant très rapidement. Où
va-t-on les construire? La surface construite dans les communes est à
peu près arrivée à son maximum, compte tenu de la nature des
terrains très escarpés.
Le découpage de Mayotte en communes coïncide donc
avec celui des cantons. 17 communes pour 17 cantons.
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