|
Article datant de 1999. Si les chiffres ont changé, les problématiques restent identiques : une balance commerciale en très fort déséquilibre L'économie originelle de Mayotte est une économie d'autosubsistance. Jusque dans les années 60, au sein de la société mahoraise traditionnelle, la monnaie était à peu près inconnue : les échanges étaient uniquement basés sur le troc. Depuis, les échanges commerciaux n'ont cessé d'augmenter, principalement en raison de l'afflux des métropolitains qui n'ont pas les mêmes besoins... Mais ces échanges sont à sens unique : 848 MF d'importations contre 16 MF en 1999! Plus inquiétant, Mayotte n'est même plus autosuffisante en denrées de base : bananes, manioc, riz... et les exportations sont en baisse constante depuis 1996.
Exportations en tonnes | | 1996 | 1997 | 1998 | 1999 | Importations | 122742 | 137917 | 145629 | 137621 | Exportations | 1983 | 1337 | 1311 | 1043 | En valeur : milliers de francs | Importations | 725141 | 823430 | 914711 | 847702 | Exportations | 33176 | 20184 | 19244 | 16478 |  Champ d'ylang-ylangs à Combani : une des deux seules exportations de Mayotte avec la vanille.
Exportations productions locales (milliers de francs) | | 1994 | 1995 | 1996 | 1997 | 1998 | 1999 | vanille | 2138,5 | 961,1 | 845,9 | 763 | 845,4 | 322,1 | ylang-ylang | 10121,4 | 6962,2 | 5338,1 | 5601,1 | 4052,7 | 4587,6 | Objectivement, il faut dire que l'économie mahoraise est sous perfusion. Mayotte n'est pas la seule dans ce cas, la situation est à peu près identique dans tous les DOM-TOM français. Mais à Mayotte, ce déséquilibre est encore plus flagrant, ne pouvant même pas s'appuyer sur le tourisme, encore embryonnaire.
Les quelques tentatives de réduction de ce déficit commercial semblent bien dérisoires : quelques tentatives dans l'aquaculture, l'exportation de poissons exotiques et le tourisme. Ce dernier secteur pourrait effectivement se développer, à condition de résoudre deux problèmes de poids : soigner un environnement qui en a bien besoin et le prix des billets qui font de Mayotte la destination la plus onéreuse au départ de la métropole, plus onéreuse même que l'Océanie! Un autre frein, plus sournois : les réactions de jalousie qui se font jour chez certains professionnels mahorais qui voient des "mzungus" réussir dans leurs entreprises alors qu'ils ont le plus grand mal à s'adapter aux lois de la concurrence et... de la productivité.
|