|
Déjà, les communes doivent assumer une partie de la gestion des établissements scolaires. On ne peut pas dire que résultats soient probants : retards systématiques dans la livraison des fournitures scolaires, état pitoyable des écoles, parfois à la limite de l'insalubrité, etc. Les maires ont-ils la formation nécessaire pour mener à bien cette mission? Les emplois fournis par la mairie, du personnel d'entretien aux assistantes maternelles ont-ils été décidés sur des bases de compétence et de motivation ou par passe-droit, parce que ce sont des emplois réputés "tranquilles"? Pour enseigner aux jeunes mahorais, il faut que les enseignants soient eux-mêmes formés. Ont-ils les armes nécessaires? Autant de questions auxquelles il est souvent difficile de répondre sans soulever la polémique dans un microcosme disparate composé d'enseignants en contrat "expatrié", d'enseignants métropolitains en contrat local et d'enseignants locaux dont les points de vue ont souvent du mal à converger. Les discussions sont toujours animées : signe d'engagement pour un métier passionnant ou simple défense d'intérêts corporatistes? Tous les enseignants ont-ils conscience de la responsabilité qui pèse sur leurs épaules? Ont-ils tous conscience que le métier d'instituteur ou de professeur n'est pas un métier comme les autres, qu'on fait uniquement pour "gagner sa vie"? Comme on peut le voir, le monde de l'enseignement à Mayotte est un véritable "panier de crabes" où les observateurs extérieurs relèvent trop souvent une absence dans le débat : celle des enfants et de leurs intérêts... Heureusement, sur le terrain, il y a aussi ceux qui ferment leurs oreilles aux débats stériles, et, souvent avec des bouts de ficelles, déploient une imagination sans bornes pour éveiller les enfants au monde qui les entoure et leur donner les armes qui leur permettront un jour, d'entrer à leur tour dans l'arène...
|