Un véritable casse-têteL'environnement à Mayotte cumule les handicaps : - une agriculture traditionnelle sur brûlis qui favorise la désertification des sols ;
- l'absence totale de recyclage des déchets domestiques qui s'entassent dans les trois décharges à ciel ouvert de l'île ;
- l'augmentation exponentielle de la consommation de produits "occidentaux" conditionnés dans une pléthore d'emballages non recyclables sur place ;
- une culture locale qui n'intègre pas encore le côté inaltérable des emballages et donc l'utilisation de poubelles ;
- une notion également non encore intégrée "d'espace collectif" : les déchets balayés dans l'espace privé sont trop souvent tout simplement expulsés dans les rues...
- un manque évident de poubelles publiques ;
- l'augmentation alarmante du nombre de véhicules circulant à Mayotte ;
- l'augmentation tout aussi alarmante de la démographie et donc de la consommation. Les nouvelles générations modifient bien évidemment leurs habitudes de consommation.
- absence totale de gestion des déchets à risque : produits chimiques, piles, etc...
- l'insularité et l'espace restreint qui en découle : le relief accidenté de l'île rend la plus grande partie de sa surface inexploitable.
Mayotte tente de s'imposer comme une destination touristique privilégiée. Cela peut devenir une réalité, à condition que la lutte pour l''environnement gagne la course contre la montre qui s'est engagée entre modernisation et préservation de l'environnement. Même le lagon, principale richesse de l'île est menacé : les quelques rivières qui irriguent l'île semblent le plus souvent servir davantage à l'élimination des déchets domestiques vers le lagon...  La première image offerte aux touristes qui débarquent des luxueux paquebots au ponton de Mamoudzou. © E.T./Malango
La délégation à l'environnement et la DAF (Direction de l'Agriculture et de la Forêt) font de gros efforts pour sensibiliser la population à l'environnement et à l'importance que revêt la protection de celui-ci, mais ces efforts semblent bien dérisoires face à la tache à accomplir. D'autant que les service administratifs eux-mêmes ne sont pas les derniers à participer à cette pollution. La destruction de la mangrove pour le passge de la rocade Sud de Mamoudzou en est un exemple. Rappelons que la convention de Washington, signée par la France, instaurait toutes les mangroves comme zones protégées interdisant toute destruction de celle-ci... Comment concilier développement et sauvegarde de l'environnement? Les responsables politiques de l'île sont-ils et seront-ils à même de résoudre cette équation? Ne serait-il pas souhaitable de "faire une pose" dans la course effrénée vers la modernisation dans laquelle s'est engagée Mayotte? N'est-il pas déjà trop tard? Autant de questions que peu de gens semblent se poser, les politiques semblant beaucoup plus préoccupés par la participation des sportifs mahorais aux Jeux des Iles..
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