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Vers 1913, le sultan autoproclamé de Mayotte, héritier d'une famille de marchands venus d'Oman, Salim II est assassiné. Son successeur cherche appui auprès de Madagascar. Il y épouse une malgache qui lui donne un fils, Boina Combo et échange le serment de sang, une coutume malgache, avec le prince sakalave Andriantsoly. Le sultan est assassiné à son tour. Après une période troublée, le pouvoir passe entre plusieurs mains. Andirantsoly accepte d'aider Boina Combo, fils de son défunt allié. Il envoie une foltte de pirogues et trois cents soldats à Mayotte. "Il n'en fallut pas plus pour effrayer les habitants de Dzaoudzi qui (...) acclamèrent Boina Combo". Quelques années plus tard, en 1832, Andriantsoly, chassé de Madagascar, se réfugie à Mayotte. Boina Combo lui donne un village et des terres. L'histoire "officielle" présente Andriantsoly comme le porte-parole des Mahorais, qui appelleront "volontairement" la France contre les Comoriens. Thèse surprenante : à l'époque, on n'avait guère l'habitude de demander leur avis aux populations... Mais il est éclairant d'examiner les rapports du prince malgache avec les uns et les autres. "(Sa) conversion à l'islam avait eu pour effet (..) de renforcer ses liens d'amitié avec les sultans des Comores. " "Les Mahorais avaient vu avec un grand déplaisir les Sakalava s'installer à MSapéré et accaparer de bonnes terres ... (Après 1833) la colère des (Mahorais) ne connut plus de bornes et le jeune roi ... comprit qu'il s'était rendu très impopulaire en accueillant (Andriantsoli)". Il exigea le départ de celui-ci qui refusa, fort de son armée. Boina Combo fit alors appel à un autre prince malgache qui, chassé d'Anjouan, avait conquis Mohéli. Andriantsoli dut fuir à Anjouan. Il revint en 1835, aidé par le sultan d'Anjouan, à la tête de mille guerriers malgaches et conquit l'île. Si les Français n'ont pas conquis l'île, c'est qu'Andriantsoli l'a fait pour eux. Il ne protégeait pas Mayotte contre les sultans des autres îles des Comores, mais opéra sa conquête grâce à l'un d'eux. Il n'y avait pas plus de six ans que le "porte-parole" des Mahorais était installé, quand les choses se gâtèrent. Par les informations qu'il avait recueillies le capitaine français Passot était au courant de la situation précaire du maître de Mayotte. Il décida d'en profiter. "La négociation (..) fut relativement aisée. Le prince ... avait sombré dans l'alcoolisme et fit à son interlocuteur l'effet d'un vieillard apeuré" 25. Après quelques tergiversations destinées à faire monter les enchères, il vendit Mayotte contre la promesse d'y être maintenu et une rente annuelle de mille piastres et l'assurance que la France assurerait l'éducation de sa descendance. Ce qui fut fait. Andriantsoly a été assassiné sur Petite Terre, au croisement des chemins qui mènent vers les villes de Pamandzi, de Labatoire, de Dzaoudzi; après la remise de Mayotte sous protectorat français, en concertation étroite avec le régent mahorais Madi, son hôte,contre les envahisseurs 'sultans des rives de l'océan indien et du canal de Mozambique. Son tombeau royal au modèle de ses origines malgaches se situe à Mamoudzou, sur un promontoire qui domine l'Océan face à Petite Terre, la Pointe Mahabou. L'endroit, peu fréquenté, est assez difficile à trouver. Fermé à clé, le plus difficile reste à mettre la main sur la personne préposée à la surveillance qui pourra vous ouvrir. Personnellement, nous avons dû escalader les grilles. Si le tombeau n'est pas d'un grand intérêt, la promenade sur la pointe Mahabou est un moment de détente à l'ombre de grands arbres. Avec "Mayotte, l'illusion de la France" - Yves Salesse 1995
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