Malango Mayotte


Répartition linguistique à Mayotte (Histoire)


 
 
Accueil Mayotte L'encyclopédie de Mayotte Histoire Répartition linguistique à Mayotte
79

Répartition linguistique à Mayotte

histoire
Partager Envoyer l'article par courriel Imprimer l'article
Partager Envoyer Imprimer
Domaine de Dapani
Chambres d'hôtes restaurant à Mayotte. Laissez-vous inviter par la Nature...
Les Gîtes de Kwale
Les gîtes de Kwalé vous accueillent au coeur de la nature tropicale de Mayotte...
«En s'appuyant sur l'hypothèse qu'on ne parle qu'un dialecte principal dans chaque village, Allibert formule une division linguistique de Mayotte et conclut que « les villages mayottais (c'est-à-dire ceux dans lesquels on parle le dialecte comorien) repré
 
Répartition linguistique à Mayotte

Répartition linguistique à Mayotte

Epoque contemporaine

Quel est le constat actuel sur cette division linguistique de Mayotte que Jon Breslar contestait il y a vingt ans? Afin de limiter tout risque d'interprétation erronée en voici les termes exacts :
«En s'appuyant sur l'hypothèse qu'on ne parle qu'un dialecte principal dans chaque village, Allibert formule une division linguistique de Mayotte et conclut que « les villages mayottais (c'est-à-dire ceux dans lesquels on parle le dialecte comorien) représentent 61% de la population et les villages malgaches 30% de la population. Qu'est ce qu'un « village mahorais » ou « malgache »? Que veulent dire ces pourcentages? Nos données indiquent, tout d'abord, que les villages de Mayotte, vus comme des entités séparées, dessinent une mosaïque linguistique qui peut se diviser en unités d'un seul ou de plusieurs dialectes.»
Plus avant l'ethnologue américain tout en reconnaissant l'hétérogénéité des villages mahorais, en attribue la cause non pas à une différentiation ethnique mais à l'appartenance ou non au même « kabila » ou au même « m'raba ». Il n'en demeure pas moins que pour des causes diverses qui peuvent être, par exemple, des mariages dans la même section d'un village, en vue de préserver l'unité familiale et ne pas encourager la séparation spatiale des miraba, ou tout simplement dans le souci de ne pas disloquer des parcelles de terres, ces motivations ont eu pour conséquence de renforcer les limites ethniques. Nous verrons plus loin que les fondateurs de certains villages composés d'ethnies différentes tenaient à délimiter, avant toute chose, le quartier assigné à chaque groupe. Ainsi à la fondation de M'tsangamboi (commune du nord de l'île) par un Grand Comorien et un Malgache, chacun des chefs s'établit avec sa famille aux extrémités opposées de la plage, créant deux voisinages dénommés Bushini «là où vivent les Malgaches» et Maorini, «là où vivent les Mahorais". Cet exemple n'est pas exhaustif : de nos jours les villages à dialecte malgache principal constituent l'exception et l'antalaotsi s'est réduit comme peau de chagrin puisqu'il n'est plus parlé qu'à Poroani et Ouangani.
Rappelons que, selon Breslar, dans deux tiers au moins des villages on parlait soit un dialecte bantou principal (mahorais, anjouanais, grand-comorien) soit un dialecte malgache, sakalava ou antalaotsi.
Dans la dernière partie de ce dossier une étude sera consacrée aux causes de l'érosion des parlers malgaches (shibushi). Aujourd'hui de très anciens villages malgaches sont encore disséminés tout au long des zones côtières. La majorité d'entre eux est entièrement malgachophone. En remontant du sud vers le nord, ce sont : Bambo-Est, M'Bouini, Passi-Kely, M'Ronabeja, Kani-Kely, Chirongui, Poroani, Ouangani, Chiconi, Sohoa, M'tsangarnouji, M'tsangadoua, Handrema.
La compréhension du shimaore dans ces villages typiquement malgaches, à défaut de sa pratique, devient une réalité, compte tenu du désenclavement opéré ces dernières années et de l'attraction de la zone urbaine chez les jeunes à la recherche d'emplois.
D'autres villages côtiers sont bilingues à dominante malgache : M'tsamoudou, Bambo-Ouest, Dapani, Kani-Bé, Mavingoni, M'Jago, Handrema. Majicavo Koropa, bilingue il y a quinze ans, avec une population anjouanaise et malgache et Majicavo Lamir autrefois bilingue (shimaore - shibushi) sont aujourd'hui presque entièrement de langue comorienne. Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, les grands villages de M'tsapéré et Passamainty (Nyambo Titi), autrefois à majorité malgache (et même antalaotsi pour M'tsapéré) parlent majoritairement une langue comorienne de nos jours.
M'zouazia, village classé de langue shimaoré, était malgache et anjouanais entre 1905 et 1910. Le village de Pamandzi, en Petite Terre (l'ancien chef-lieu), a connu en une trentaine d'années un bouleversement spectaculaire. Ancien village malgache, classé comme utilisateur des quatre dialectes en 1978, il est aujourd'hui considéré comme village de langue comorienne. La langue malgache n'est plus utilisée que dans le quartier de Sandravangue par les personnes âgées.
Un particularisme mérite cependant d'être mentionné : c'est à Pamandzi (et surtout dans les quartiers de Mangafouté, Télécom, Cavani, Sandravangue, Jardin et Bandarabassi) que l'on dénombre le plus de familles francophones, jeunes enfants compris, sans distinction d'origine.

© Malango 2012 - Reproduction interdite
Page précédente Page suivante
Des origines Indonesiennes pour les mahorais? La séparation entre Mayotte et les Comores

Tous les chapitres :
JEU Quizz
Annuaire des administrations et services publics de Mayotte
Annuaire des entreprises
Annuaire des sites mahorais
Annuaire du tourisme à Mayotte
Cartes et plans
Cartes et plans de Mayotte
Economie - Statistiques
Elections
Enseignement
Environnement
Fonds d'écran exotiques
Galeries de photos
Histoire
L'agenda culturel et sportif
L'emploi à Mayotte
L'immigration clandestine à Mayotte
L'immobilier à Mayotte
La culture mahoraise
La faune de Mayotte
La flore de Mayotte
La météo à Mayotte et dans la région
La santé à Mayotte
La vie quotidienne
Le lagon de Mayotte
Le statut de Mayotte
Le tourisme à Mayotte
Les acteurs de la vie culturelle
Les artistes de Mayotte
Les associations
Les communes de Mayotte
Les forums
Les institutions à Mayotte
Les musiques mahoraises
Les plages de Mayotte
Liens
Mayotte en chiffres
Mayotte et l'Union des Comores
Mayotte la Musulmane
Nouveautés et changements du site
Politique
Portrait d'hommes politiques de Mayotte
Présentation physique de Mayotte
Reportages et témoignages
Sites touristiques
Société
Traditions mahoraises
Transport et fret maritime
Visite de Mayotte village par village
Vues panoramiques

Dans le même chapitre :

Histoire

A la rencontre des premiers occupants de Mayotte
Andriantsoly, le roi malgache qui vendit Mayotte à la France
Bibliographie : à propos de Mayotte
Composition ethnique de Mayotte
Des origines Indonesiennes pour les mahorais?
Des sultans aux Préfets : les dirigeants de Mayotte
Des sultans aux Préfets : les dirigeants de Mayotte
Discussion au Sénat sur le statut de Mayotte - 23-03-2000
Histoire de Mayotte
L'abolition de l'esclavage à Mayotte
L'esclavage à Mayotte
La colonisation de Mayotte
La séparation entre Mayotte et les Comores
Le brassage ethnique de Mayotte
Le traité de cession de l'île de Mayotte
Les îles du canal du Mozambique
Les invasions malgaches à Mayotte
Les Préfets de Mayotte
L’occupation du sol sous le système féodal.
Mayotte - La Maison du Patrimoine
Mayotte, la française?
Origines des Mahorais
Pierre Passot, le français qui acheta Mayotte
Présentation de Mayotte en 1878
Quelques points de repères historiques
Rencontre avec Abdourraquib OUSSENI
Répartition linguistique à Mayotte
Résolution de l'ONU à propos de l'île comorienne de mayotte
Les sites Malango Malango Mayotte