Coopération régionaleAvec l'Union des Comores
La coopération régionale est (ou devrait être?) un volet très important de la politique mahoraise, ne serait-ce que pour tenter d'endiguer l'immigration clandestine... C'est d'ailleurs l’objectif avoué et revendiqué par les autorités françaises représentées à Mayotte par le préfet qui gère la plus grosse partie de la coopération avec l'Union des Comores. Du côté des élus Mahorais, les choses sont tout autre et les avis sont très partagés. Une majorité des élus ne voient pas pourquoi ils devraient donner à leurs voisins (qui sont aussi leurs cousins, voire leurs frères), leur raisonnement reposant sur la logique du "ils ont fait en choix en 1975, qu'ils l'assument". Le budget de coopération régionale initiée à Mayotte par le FRC (fonds de coopération régionale) représente un budget qui tourne, depuis plusieurs années, autour de 300.000 euros, l'Union des Comores représentant la plus grosse part. La lutte contre l'immigration clandestine coûte environ 5 millions et demi d'euros par an. Une rencontre en 2007, entre les présidents Sarkozy et Sambi à Paris avait permis de mettre en place le GTHN, groupe de travail de très haut niveau, qui devait développer la coopération. Moins de deux ans plus tard, les Comores mettaient un terme à ce processus en protestation à la consultation référendaire de 2009 organisée à Mayotte pour décider de son avenir statutaire. Une consultation prévue bien avant la rencontre Sarkozy-Sambi, puisqu'elle avait été mise sur les rails et planifiée par Lionel Jospin dès 2001.
En novembre 2008, une tentative de relations commerciales entre Mayotte et Anjouan laissait espérer que les choses avançaient. Mais l'expérience a coupé court, en grande partie en raison des difficultés rencontrées du côté d'Anjouan au niveau du conditionnement des marchandises. D'autres projets devraient aboutir dans les prochains mois (mai 2011). La plus grosse partie de l'aide accordée par le FCR aux Comores est destinée à la santé : développement des dispensaires, formation des praticiens, envoi de médecins, etc. Les plus gros projets de coopération concernant l'Union des Comores sont gérés par Paris au travers de plusieurs organismes comme l'AFD (agence française de développement), par exemple, qui finance actuellement la construction d'une route d'une dizaine de kilomètres pour désenclaver Jimilimé à Anjouan, un village où vivent environ 10.000 personnes, sans électricité et jusqu'à maintenant sans route.
MadagascarMadagascar est le second bénéficiaire du FCR. Là également, il serait possible de développer les échanges commerciaux : Madagascar est une île essentiellement agricole et de nombreuses denrées alimentaires importées à Mayotte en provenance d'Europe sont aussi produites à Madagascar. Là aussi, c'est le volet sanitaire qui pose problème. Des échanges réguliers ont cependant lieu depuis 2010 et un bateau fait régulièrement la navette entre la Grande Ile et Mayotte. La coopération régionale concerne également des actions culturelles basées sur les échanges entre les îles. Les subventions ne sont allouées que si le projet est porté par deux structures, généralement associatives, une à Mayotte, l'autre dans le pays auquel est destiné le projet. Maurice et les autres...
Certains projets concernent également l'île Maurice et le Mozambique, mais ils sont nettement moindres. |