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Rapports avec les Comores (Mayotte et l'Union des Comores)


 
 
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Rapports avec les Comores

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Un archipel de quatre îles où l'unité est encore une utopie
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Océan Bambo
Vos vacances à Mayotte les pieds dans l'eau.
Les rapports entre les Comores et Mayotte sont complexes et ambigus. Mayotte fait partie des Comores, évidemment, mais les Mahorais ont rejeté l'indépendance au sein des Comores en 1974 et, depuis cette date, se disent "français", tout en appelant les métropolitains "m'zungu", mot shimaorais qui signifie "étranger"... Au moindre conflit personnel, si vous n'êtes pas natif de l'île, certains n'hésiteront pas à vous rappeler que "vous n'êtes pas chez vous...".
 

Mais ces attitudes, classiques dans des régions à forte identité (comme la Corse) sont le fait, le plus souvent, de Mahorais qui ont goûté à la métropole et en ramènent un esprit "banlieue" teinté d'arrogance. On est heureusement encore loin du climat qui règne aux Antilles, mais l'évolution ne va pas dans le bon sens...

L'unité géographique, culturelle, historique des Comores ne doit pas conduire à ignorer les différences entretenues par l'insularité et l'administ ration coloniale.

Anjouan s'est toujours affirmée comme l'île dynamique, à l'aristocratie entreprenante et voyageuse, à la population commerçante et industrieuse. Mohéli et Mayotte avaient une faible démographie et une population se satisfaisant de l'économie naturelle. Mayotte a ainsi vu s'installer chez elle, depuis fort longtemps, des propriétaires anjouanais tandis que des travailleurs des autres îles y étaient importés. Après les razzias malgaches, la population mahoraise d'origine était d'ailleurs très faible. Un recensement de 1852 estime à 6 888 le nombre des habitants de l'île, dont .

- 1. 196 Mahorais : 17%
- 1.700 Malgaches: 25%
- 1.000 Grand-Comoriens : 15 %
- 500 Anjouanais : 7%

Malgré les mariages, les passages d'une île à l'autre, les populations ne fusionnent pas. Des traits distinctifs demeurent. L'administration coloniale et les planteurs en ont joué, montant les groupes les uns contre les autres dans la répression de 1856, enrôlant les "étrangers" dans lamilice ou les faisant garde-chiourmes des plantations et usines sucrières. Les rancoeurs véhiculées trouveront à se cristalliser ultérieurement.

Les comoriens (et les anjouanais!) sont mal acceptés à Mayotte, surtout dans le monde du travail où ils "viennent prendre le travail des mahorais..." qui restent aveugles au fait que l'embauche de comoriens se fait à des postes auxquels aucun mahorais ne peut (ou ne veut!) prétendre. En effet, le niveau d'étude et la maîtrise du français sont  plus élevés chez les comoriens (qui ont eu la chance de bénéficier de plus d'infrastructures au niveau de l'enseignement) que chez les mahorais. Chez les adultes, le niveau d'étude ne dépasse que rarement la cinquième à Mayotte (une cinquième "mahoraise").

Ces discours de rejet d'une communauté, proches de la xénophobie, s'ils ne portent pas encore à conséquence, ne doivent cependant pas être ignorés. En effet, on assiste à des scènes navrantes comme ces manifestations de femmes protestant contre la présence d'anjouanais venus se faire soigner à l'hôpital en 1998, ou ces habitants de Sada qui ont expulsé en une journée, tous les ressortissants anjouanais (octobre 2000) habitant le village : le maire avait annoncé en séance publique qu'à partir de mai 2001, entrerait en application une nouvelle loi punissant de prison les personnes qui hébergeraient des "immigrés clandestins". Ou encore cet élu de Majicavo qui ne voit pas l'utilité d'installer un point d'eau "saine" dans ce quartier puisqu'exclusivement occupé par des "sans-papiers"... C'était au mois de novembre 2000, au début d'une campagne de vaccination contre le choléra...

Le point d'orgue de ces chasses aux clandestins a été atteint le 27 octobre 2003, quand le maire la commune de Bandrélé, Moussa Madi, incendie les bangas habités par des clandestins dans le village d'Hamouro uniquement occupés par les femmes et les enfants au moment des faits : les hommes venaient d'être embarqués par les gendarmes..

Quant aux Comores, elles continuent à revendiquer Mayotte et n'acceptent toujours pas son rattachement à la France, même si l'aide financière apportée par la France calme un peu leurs ardeurs. De plus, la situation politique des Comores, plus que cahotique depuis vingt-cinq ans (20 coups d'état...) ne leur permet guère de prétendre apporter sécurité et stabilité à Mayotte comme la France peut le faire. La sécession d'Anjouan en août 97 a fait passer le problème de Mayotte à l'arrière plan.

Si l'on demande aux Comoriens de la rue, quelle que soit leur île d'origine, s'ils sont favorables à la réintégration des Comores dans le giron de la France, une grosse majorité répond "oui" sans hésiter... C'est d'ailleurs ce qu'ont demandé les Anjouanais et les Mohéliens en 1997. La France a évidemment fait la sourde oreille... D'ailleurs, on a l'impression très nette que les seuls Comoriens qui trouvent la France trop "présente" dans la région sont... ceux qui vivent en France métropolitaine!... Dans leur langage courant, de nombreux Comoriens utilisent le terme "métropole" pour parler de la France, comme on le fait dans les DOM-TOM. Lapsus révélateur.

Malgré tout, et paradoxalement, les rapports restent relativement bons entre habitants des différentes îles des Comores. Il est vrai que chaque habitant de chaque île a forcément de la famille sur les autres îles. D'où un certain malaise qui n'est pas sans rappeler certain "rideau de fer ". D'un côté, les mahorais qui vivent relativement bien, sur une île qui se modernise et se développe... et les autres Comoriens qui regardent... Il est indéniable que si la présence française dans la région est un atout important, elle est également source de déséquilibre. Un déséquilibre qui va être de plus en plus difficile à gérer... C'est vraisemblablement une des raisons qui pousse la France à "traîner les pieds" dans le processus de départementalisation.



 
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