M’Toro Chamou est né à Mayotte, île française de l’Océan Indien,
il y a 27 ans. Malgré son jeune âge, cet artiste, auteur-compositeur,
présente déjà le parcours d’un combattant. Après une adolescence passée
à jouer dans son île et la formation du premier groupe de rap, le
M’Tsapéré Power, M’Toro Chamou quitte Mayotte pour la métropole. Le
chanteur de rap et de hip-hop amène avec lui sa guitare, ses mélodies
et les rythmes du « M’Godro » traditionnel. A Paris en 1996, M’Toro Chamou joue avec Baco et Mikidashe,
les pionniers de la musique mahoraise à l’étranger. En même temps, il
forme son répertoire où le « M’Godro » commence à prendre une place
importante. Le style de M’Toro Chamou se crée ainsi, tout
naturellement, et cherche sa place à côté de la pop, du reggae et du
ragga : une place pour la musique de l’Océan Indien. En 1999, l’album « Retour aux sources
» s’affirme à côté des grosses productions mahoraises. M’Toro Chamou se
retrouve à affronter le monde impitoyable du show-business. Il
rencontre alors le manager de I’AM et il joue au festival d’Istres ;
suit la première partie de Jacques Higelin à Mayotte, son île natale,
et puis la participation à plusieurs manifestations entre Paris et
l’Océan Indien. L’enfant engagé qui chante le mal de son pays et le
complot de l’homme contre l’homme, sait aussi trouver les mélodies pour
chanter l’amour, le désarroi, l’espoir d’une porte qui s’ouvre sur le
monde. D’où son avant-dernier album « M’Lango », la porte en
shimaoré, la porte de la vie et de la compassion. Des paroles qui
tranchent posées sur le rythme imposant du M’Godro, ont fait de «
M’Lango » une porte ouverte pour M’Toro Chamou sur la word music.
M’Toro Chamou est un nom de scène chargé d’histoire. A travers sa
musique, l'artiste adopte et fait sa propre histoire, une histoire
faite d’esclavage et de soumission. Mais c’est aussi une histoire riche
parce qu’ancienne et tissée avec une culture où savoir et savoir-faire
font un tout indivisibles. Et c’est la
musique des anciens que M’Toro Chamou porte sur scène, arrangée pour
que des musiciens non mahorais puissent la jouer et pour que le public
de partout dans le monde puisse l ‘écouter, l’apprécier, l’aimer, sans
pour autant comprendre la langue mahoraise. Force de la parole,
force de la mélodie, force du message : avec sa musique M’Toro Chamou
lance un pont au-delà des différences, entre la tradition et la
modernité, entre Mayotte et le reste du monde. Tiziane Marone. Son dernier Album "Bwé Foro" vient de sortir, dans la lignée d'un son très acoustique, des M'godros, des ballades comme il sait les faire et toujours beaucoup d'influences puisées dans l'actualité musicale du monde... Beaucoup de talent, avec des invités : interventions de Mikidache à la guitare, Halidi Daniel du groupe "N'gawa" également à la guitare, Aurélie Casalégno au violon et piano, Fischermane aux claviers, Hiar au djembé et potée... Le maitre a quand à lui joué toutes les autres parties instrumentales : guitares, basse, taris, claviers, percussions... et chants. |