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Nawal (Les musiques mahoraises)


 
 
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Nawal

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Nawal est de ces artistes qui brisent les tabous et œuvrent pour faire avancer les mentalités. Dans l’archipel des Comores où elle a vécu jusqu’à l’adolescence la musique est très présente.
 

Dans son enfance Nawal Mlano a suivi avec passion de nombreuses soirées où les orchestres twarab (inspirés des grands orchestres taarab de Zanzibar), animent fêtes et mariages.

Elle s'est aussi imprégnée du dhikr, le chant soufi des mosquées et fut influencée par un de ses oncles qui animait dans les années soixante-dix un groupe d'afropop. Elle a appris à jouer du gambusi, ce luth local hérité du Yémen et de la guitare, mais aux Comores si, l'on trouve quelques chanteuses, les femmes ne jouent jamais d'instruments en public.



Interview de Nawal, le 18 octobre 2011

« Ma pensée, elle n'est pas seulement comorienne, elle est universelle »

La diva franco-comorienne Nawal revient sur le devant de la scène à l'occasion de la sortie, le 17 octobre dernier en Europe, de son nouvel album Caresse de l'âme.

Un opus qui semble être une synthèse des précédentes œuvres de la chanteuse. De Kweli son premier disque sorti en 2001, en passant par Aman (2007) et Nawal et les femmes de la lune en 2009, la diva a grandi, musicalement parlant. Avec sa voix conquérante, elle continue de cultiver sa différence. Cela ce ressent à travers les dix titres qui composent ce nouveau disque qui est en fait une invitation à la méditation, à la prière. Tout cela sur les notes douces de sa Gambusi, son instrument de prédilection. Un album solo plein de chaleur. Un mélange entre le festif et le méditatif…rencontre

Commençons par la présentation de votre nouvel album…

Il s'appelle « Caresse de l'âme ». Parce que, à part deux titres, qui sont plutôt dans, je veux dire, la Nawal qu'on connait plus, celle qui revendique, qui attaque un peu, qui n'est pas très contente… Ça commence d'ailleurs par « Aux Hommes Dignes » qui est, en fait, un morceau que j'ai composé à la dernière minute parce que j'avais fini d'enregistrer mon disque et puis il y a eu ce qu'on appelle le printemps arabe, et j'espère qu'il va y avoir le printemps africain aussi d'ailleurs, parce que là c'est ne plus possible non plus...

Bref, j'ai eu envie d'encourager ce que j'appelle les Hommes dignes, c'est-à-dire les gens qui se battent pour leurs droits, qui ne se laissent pas écraser. (…) Que ça soit aux Comores ou en Afrique, il y a, je trouve, un laisser aller, il y a un manque de citoyenneté. Et puis, il y a le Shalom'Aleikoum, qui porte bien son nom, qui est d'abord un appel aux habitants de la Palestine et puis du Moyen orient en général, des juifs et des arabes en plus clair, pour leur rappeler qu'ils sont des frères.

L'album est composé de dix titres. La plupart des autres titres correspondent beaucoup plus au titre de l'album qui est « caresse de l'âme » en français ou « embrace the spirit » en anglais. Donc, c'est plus ce qu'on a retrouvé un peu de moi dans mon premier album Kweli avec Al'djalilu, avec kweli et puis peut-être un ou deux autres titres et qu'on a retrouvé un peu plus dans Amani, avec Amani, avec Médiation …des titres comme ça où on va chercher à l'intérieur de nous même, le silence, la divinité qui est en nous.

Qu'est ce qui distingue cet album des précédents ?

Je suis toute seule, c'est important. Et puis il est beaucoup plus intérieur. Il est beaucoup plus méditatif, il est dans la réflexion. Il est beaucoup plus dans quelque chose que mon public m'a appris que je ne savais pas qui est plutôt dans le soin, dans la thérapie. Il y a un public à qui ça manquait.

Parlons un peu de votre parcours. Comment êtes vous venus à la musique ?

J'ai commencé très tôt. J'ai eu des cousins, Mohamed et Gilbert qui faisaient de la guitare et même aujourd'hui qui jouent encore, d'ailleurs, à Valence dans la Drôme. Donc, j'étais auprès de ces gens et après, auprès d'Abou Chihabi, qui est mon cousin germain, du côté de mon père. Quand j'étais gamine il était marié à la sœur de Maalesh. On était voisins. J'ai baigné dedans. Je ne savais pas que j'aillais devenir professionnelle. Mais j'ai toujours joué. Ensuite je suis arrivée en France, j'ai continué un peu. Dans les années 80, j'étais dans le groupe Karthala de mon oncle Gilbert à Valence. Je faisais des chœurs, de la rythmique... Professionnellement parlant, je peux dire que j'ai commencé ma carrière en 1985.

Quel est votre genre musical?

J'aime bien dire que je fais une musique identitaire. Néanmoins, j'ai appelé ma musique, musique du monde. J'ai un pied dans mes racines profondes et puis un pied qui est dans le monde. Parce que je suis une femme d'aujourd'hui, je suis universelle. Ma pensée, elle n'est pas seulement comorienne, elle est universelle. J'ai envie de faire une musique qui parle aussi bien aux non comoriens qu'aux Comoriens voire à l'océan Indien

Quels sont vos projets immédiats après la sortie de cet album ?

Là, déjà, je viens d'arriver d'une tournée de plus de trois semaines, presque un mois, aux USA. Il faut continuer encore à faire des concerts pour la promotion de cet album. Je repars aux Comores. Et il faut savoir que cet album était d'abord sorti aux Comores. C'est extraordinaire. C'est la première fois que ça m'arrive. J'ai fait juste un concert à la Grande Comore. J'étais ensuite à Mayotte. Je l'ai sorti là-bas aussi. Donc, là je retourne aux Comores pour un concert de soutien. Je suis marraine pour une Ong qui s'appelle Maecha qui a montré ses preuves. En fait, j'ai des projets avec mon association de créer des écoles mais après je me suis dis : « mais moi, je ne peux pas faire tout ça. Je vais attendre longtemps ! » Et comme par hasard c'est la première fois qu'une Ong aux Comores m'appelle et me dit « on aimerait que tu sois notre marraine et que tu viennes jouer pour qu'on puisse récolter des sous et continuer à faire des écoles ». C'est une Ong sérieuse, ils ont déjà fait leurs preuves et donc, c'est avec plaisir que le fais.

Propos recueillis par Faissoili Abdou


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