La division administrative est un peu différente de ce qu'elle est en métropole puisque les communes et les cantons se confondent. Il y a dix-sept communes et donc dix-sept cantons.
Politiquement, le clivage droite-gauche est quasiment inexistant, même s'il tente de se mettre en place depuis quelques années. Les partis locaux ont en effet besoin de l'infrastructure (et des moyens) des grands partis politiques traditionnels. De plus, le vieux combat pour la départementalisation qui a monopolisé toutes les préoccupations électorales depuis trente ans devient obsolète, cette départementalisation étant en route sera effective en 2011. Il faut donc trouver d'autres thèmes de campagne...
A Mayotte, on ne vote pas pour un parti ou un programme, mais pour un homme. Ce qui serait plutôt positif pour la démocratie, si l'on choisissait celui que l'on considère comme le meilleur pour gérer la commune, le canton, la collectivité... Ce qui n'est pas le cas.
La vie politique n'en est pas moins animée, même si l'originalité ne prévaut pas dans les thèmes de campagnes. Si le grand spectacle médiatico-politique métropolitain tend à ressembler de plus en plus à un match de football, il y a longtemps que cela se passe ainsi à Mayotte. Il n'est qu'à sortir dans les rues le soir des résultats électoraux pour s'en convaincre... Si l'on n'est pas informé du déroulement du scrutin, il est vraisemblable que l'on demandera au passant quelle est l'équipe qui a gagné!
Un partisanisme qui n'a rien de rassurant tant les défis que Mayotte doit relever sont énormes : elle aurait bien plus besoin de toutes les énergies et toutes les compétences et bien peu de la pusillanimité ambiante...
Une autre grosse difficulté à dépasser avant que l'on puisse vraiment parler de démocratie à Mayotte provient de ce que les électeurs ne votent pas pour le candidat qu'ils ont intimement choisi, mais pour le cousin, le notable du village, et gare à celui qui ne respecte pas le choix fait par le "clan". C'est d'ailleurs ce mode de fonctionnement qui explique, en partie, le "choix" de rester sous tutelle de la France en 1974 et 1975. A ce propos, il est à noter qu'en un an, entre 1974 et 1975, on est passé de 74% de "oui" à Mayotte française à plus de 90%. Entre temps, les partisans du maintient de la France à Mayotte ont eu le temps de faire leur "campagne", basée sur l'intimidation et la déportation des indépendantistes vers les autres îles.
Ici encore plus qu'ailleurs, les hommes politiques semblent plus préoccupés par leur carrière que par le bien-être de leurs concitoyens... C'est du moins l'idée qui prévaut dans l'esprit des électeurs qui désertent les bureaux de vote (résultats des élections).