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Bien sûr, tout cela existe, même si, heureusement, le soleil ne brille pas tous les jours (quoique...). Il est d'autres réalités, moins réjouissantes. Mayotte, malgré son image d'oasis de richesse dans un océan de misère, n'échappe pas à la règle. S'il est vrai que Mayotte peut être un petit coin de paradis, ce paradis n'a rien à voir avec l'image qu'on nous donne des Seychelles et de ses plages de papier glacé. On ne vient pas chercher la même chose à Mayotte... Le tableau que nous tentons de dresser dans ces pages se veut aussi objectif que possible sans occulter les problèmes qui se posent. Avant d'être une destination où il est possible de passer des vacances inoubliables, Mayotte est avant tout un endroit où des gens vivent, travaillent tout au long de l'année et où les petits tracas du quotidien existent, même si le soleil permet de les afronter avec plus de sérénité... Les points noirs-
L'environnement : ni la culture locale, ni les infrasctructures ne prennent en compte l'augmentation exponentielle de la consommation de produits industriels "occidentaux" et donc de la pollution dite "domestique". L'augmentation dramatique du nombre d'automobiles sur des routes qui n'ont pas été prévues pour un tel afflux et qui manquent cruellement d'entretien va devenir un problème qu'on ne pourra pas éternellement mettre sous le coude. Cette situation a un corollaire qui n'est même pas évoqué et qui pourtant ne tardera pas à s'imposer : que faire des futures épaves sur une île de 340 km² qui ne dispose évidemment pas de la moindre industrie métallurgique capable de recycler ces déchets? L'instauration d'un contrôle technique obligatoire aussi rigoureux qu'en métropole et l'état calamiteux des routes ne feront qu'accélérer l'entassement des épaves. -
L'éducation : si l'on admet que Mayotte va rejoindre la centaine de départements français, on doit également admettre que les cent mille jeunes de Mayotte vont se retrouver en concurrence sur le marché du travail. Avec quelles armes? en majorité, avec un niveau sixième, peut-être un niveau troisième ou pour les plus chanceux un bac en poche : le Bac 2002 s'est soldé par 60% d'échecs... Quant aux études supérieures, seuls quelques privilégiés y accèdent... -
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Problèmes sociaux : le choc des cultures est ici d'une acuité extraordinaire : Mayotte est restée à l'écart du progrès jusqu'au début des années 90. On est ici en train de passer du moyen-âge au vingt-et-unième siècle! Et ce n'est pas une image. Les mentalités ont bien naturellement du mal à s'adapter. Par exemple, si la notion de droit individuel a été vite assimilée, celle de devoir envers la collectivité a beaucoup plus de mal à s'imposer... D'autant que la politique d'assistanat ne semble pas vouloir s'infléchir.
 Une frêle construction en feuilles de coco, un simple foyer : dans les villages mahorais, on remonte le temps...
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Problème économique, tout simplement : que feront tous ces jeunes qu'ont tente de former sur une île minuscule, mais surpeuplée, perdue au milieu de l'océan à dix mille kilomètres de la métropole, dénuée de ressources naturelles? Quelles industries, quels services économiquement viables? Faut-il être cynique et admettre une bonne fois pour toutes que Mayotte, comme la plupart des terres françaises d'outremer devra se contenter de vivre du RMI et autres allocations sociales?... avec le cortège de drames socio-humains liés à l'inactivité et à un niveau de vie forcément très bas. Les barrières liées à la religion qui endiguaient une délinquance qui devient galopante sont en train de tomber.
Ne va-t-on pas trop vite? La réglementation marathone pour rejoindre la métropole, mais ni les structures, ni les mentalités ne peuvent suivre ce rythme. Un rythme qui est bien loin des réalités et ne s'impose d'ailleurs absolument pas! La gestion d'une communauté de cent cinquante mille habitants ne requiert pas les mêmes contraintes que celle imposée par soixante millions d'âmes, car qu'on le veuille ou non, Mayotte, comme la Corse, comme les autres DOM-TOM ne sera jamais la France métropolitaine! L'insularité, la distance créent des particularités qui rendent illusoire l'application de textes prévus pour la métropole (on voit déjà ce que cela donne en Corse...). A Mayotte plus encore qu'ailleurs tant les différences culturelles sont grande et le poids de la religion écrasant. Il est dommage que les élus locaux jouent le jeu, bien humain, de leurs électeurs et leur cachent le côté pile de la médaille : l'arrivée, un jour ou l'autre des impôts locaux par exemple... et la remise en cause des fondement de leur système social : polygamie, droit cadial... Les points bleusPour ceux que les lignes précédentes n'ont pas fait fuir, en faisant abstraction des problèmes présents ou à venir, Mayotte est un endroit qui peut être riche d'enseignements. Le décalage, tant culturel que technologique, ne peut que favoriser la réflexion sur le monde dans lequel nous vivons et sur ses valeurs. L'Ile au Lagon est également un point de départ privilégié vers d'autres destinations, d'autres régions à explorer, riches culturellement et humainement : Madagascar, les Comores, Zanzibar, l'Afrique de l'Est... Si l'on se doit d'évoquer les problèmes d'environnement, on ne peut pas vraiment parler de "pollution", en dehors de cette pollution domestique qui est, reconnaissons-le, plus dangereuse pour le regard que pour la nature et qui peut rapidement s'évacuer. Rappelons-nous l'état de la campagne française jusque dans les années 70 : il était difficile d'aller aux champignons sans écraser sous ses pieds des détritus de toutes sortes. Il n'y a à Mayotte aucune industrie envoyant des tonnes de fumées dans l'atmosphère ou de pétrolier dégazant dans le lagon. Ce lagon est la vériatble richesse de Mayotte, ce qui la différencie des autres îles de l'Océan Indien et la rend incomparable. En résumé, pour peu qu'on laisse derrière soi ses préjugés, ses certitudes, ses habitudes de vie, Mayotte est un endroit où il fait bon vivre... quand même !
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