Malango Mayotte


Voulé chez Hassan (Reportages et témoignages)


 
 
Accueil Mayotte Mayotte sous toutes ses coutures. Informations touristiques. Reportages et témoignages Voulé chez Hassan
170

Voulé chez Hassan

reportages
Partager Envoyer l'article par courriel Imprimer l'article
Partager Envoyer Imprimer
galerie de photos
Crédit photo : E.T./Malango
Chambres d'Hôtes Nourhach
Chambres d'hôtes de standing classées 4 Ylangs, au sud de Mayotte
Le Maoua
Le Maoua, Résidence Hôtelière au cœur de Mamoudzou
Dimanche. Fin de Ramadan. Hassane et ses comparses ne sont pas particulièrement pratiquants, mais quand il y a une fête à célébrer, ils ne sont pas les derniers...
 

Convivialité à la comorienne...

Eric Trannois - Novembre 1999

Voulé chez Hassan

Dimanche après-midi... Chacun a fait les fonds de tiroir : un peu de rhum arrangé de Dany, un fond de pastis de "Camarade", quelques Castle d'on ne sait trop qui... le "Gandia", le tchembo... tout est réuni pour finir l'après-midi à quatre pattes... Ce qui ne manquera pas d'arriver à certains d'entre eux...
Le tchembo, c'est un alcool de palme dont l'odeur rappelle irrésistiblement à celle du vomi... appétissant en diable! Pour le fabriquer, on fixe un récipient, autrefois fait de feuilles de coco tressées mais remplacé maintenant le plus souvent par une bouteille d'eau minérale en plastique coupée, en haut du tronc du cocotier. Il recueille la sève de l'arbre qu'on laisse fermenter. Cette même mixture, laissée en macération pendant plusieurs mois est aussi utilisée comme médicament contre le "mal au ventre", selon Boura... On en donne égalemetn aux enfants, ce qui laisse supposer que tout alcool s'est évaporé, d'autant que ce remède serait aussi consommé par les musulmans qui respectent l'abstinence d'alcool.

Le banga d'Hassan est construit dans une cour. En fait, il s'agit d'une construction en tôle de trois ou quatre mètres sur deux mètres cinquante, plus proche dans l'aspect extérieur de la cabane de jardin que de la résidence secondaire. Le lit occupe le fond de l'unique pièce. C'est le seul "meuble". Les murs sont tapissés de cartons ondulés rendus moins tristes par quelques pages du catalogue de la Redoute (pages mode féminine, évidemment...). Généralement, le voulé se passe plutôt dans la cour qui offre quand même plus d'espace. Mais aujourd'hui, bizarement et pour d'obscures raisons qui m'échappent, l'option "intérieur" a été retenue, aussi la quinzaine de participants s'est entassée dans l'espace resté libre.
Le repas sera, fort heureusement, préparé à l'extérieur. Le menu n'offre aucune surprise : mabawa (ailes de poulet), bananes et maniocs grillés.

Au niveau liquide, Hassan et sa "bande" ont un certain art du mélange, même si certains le trouvent discutable : pastis-vin rouge par exemple (et quel vin rouge!), ou mieux encore : pastis, vin rouge, tchembo. Il faut essayer ça au moins une fois dans sa vie...
Certains y résistent...

Hassane est comorien, sans papiers, comme la plupart de ses amis. Ils font partie de cette communauté qui compte plusieurs dizaines de milliers de membres à Mayotte, vivant de petits boulots, du m'kara-kara, qu'on appelle chez nous le système "D". Au-dessus de leur tête, une épée de Damoclès : se faire prendre au cours d'un contrôle de papiers. Ils sont alors "reconduits à la frontière", c'est-à-dire vers le premier bateau en partance pour Anjouan. On ne leur laissera alors pas même le temps d'emporter leurs maigres affaires. Arrivés à Anjouan, ils n'auront qu'une seule idée en tête : revenir à Mayotte. Il leur faut alors réunir la somme nécessaire au passage (environ 75 €) et à trouver un "kwassa-kwassa". Généralement, ils sont de retour moins d'une semaine plus tard...

On peut s'étonner que des comoriens, musulmans, consomment de l'alcool, dans des proportions parfois non négligeables. Cela ne les empêche pas de rester croyants : ils ont simplement pris de la distance avec certains préceptes religieux. Ils sont malgré tout mal vus par les "Djaoulas", nom donnés aux pratiquants très respectueux de la religion et de ses lois. Les deux "philosophies" cohabitent sans heurts. Les comoriens n'ont pas pour habitude de s'immiscer dans la vie de leurs contemporains...

© Malango 2012 - Reproduction interdite
Page précédente Page suivante
Le mariage d'Abdou : un mariage traditionnel à Mayotte Hamouro

Tous les chapitres :
JEU Quizz
Annuaire des administrations et services publics de Mayotte
Annuaire des entreprises
Annuaire des sites mahorais
Annuaire du tourisme à Mayotte
Cartes et plans
Cartes et plans de Mayotte
Economie - Statistiques
Elections
Enseignement
Environnement
Fonds d'écran exotiques
Galeries de photos
Histoire
L'agenda culturel et sportif
L'emploi à Mayotte
L'immigration clandestine à Mayotte
L'immobilier à Mayotte
La culture mahoraise
La faune de Mayotte
La flore de Mayotte
La météo à Mayotte et dans la région
La santé à Mayotte
La vie quotidienne
Le lagon de Mayotte
Le statut de Mayotte
Le tourisme à Mayotte
Les acteurs de la vie culturelle
Les artistes de Mayotte
Les associations
Les communes de Mayotte
Les forums
Les institutions à Mayotte
Les musiques mahoraises
Les plages de Mayotte
Liens
Mayotte en chiffres
Mayotte et l'Union des Comores
Mayotte la Musulmane
Nouveautés et changements du site
Politique
Portrait d'hommes politiques de Mayotte
Présentation physique de Mayotte
Reportages et témoignages
Sites touristiques
Société
Traditions mahoraises
Transport et fret maritime
Visite de Mayotte village par village
Vues panoramiques

Dans le même chapitre :

Reportages et témoignages

Du feu dans la médina
Hamouro
Jour de pluie rue Boubouni
Le mariage d'Abdou : un mariage traditionnel à Mayotte
Voulé chez Hassan
Les sites Malango Malango Mayotte