Paradoxalement et compte tenu de sa petite taille (1,5 km²), Petite Terre a été pendant longtemps la capitale de Mayotte. Avant même l'arrivée des français en 1841, c'est également sur Petite Terre que se réfugiaient les habitants de l'île quand arrivait la menace des razzias malgaches.
Petite Terre
Petite Terre
Depuis la colonisation de Mayotte en 1842, Dzaoudzi, le "Rocher", a été la capitale de Mayotte. Elle ne fut détrônée de ce privilège qu'entre 1966 et 1975, période durant laquelle les services administratifs des Comores colonisées furent transférés à Moroni. Ce "déménagement" aura d'ailleurs des conséquences énormes, puisque l'on trouve là une des principales causes du rattachement de Mayotte à la France en 1975. En effet, les Mahorais préférèrent, pragmatiquement, être "colonisés par un pays riche que par un pays pauvre [les Comores]", selon un mot devenu célèbre d'un des pères de" Mayotte Française" .
L'ancienne préfecture de Mayotte, sur le rocher de Dzaoudzi. Même s'il n'a jamais mis les pieds à Mayotte, c'est Gustave Eiffel qui en a réalisé les plans.
C'est donc tout naturellement en Petite Terre qu'on trouvera le plus de vestiges d'architecture coloniale dont la pièce maîtresse est le magnifique bâtiment de l'ancienne préfecture. Elle se trouve à mi-chemin entre les deux débarcadères des barges.
Petite Terre fut aussi pendant longtemps (jusque dans les années 80-90) le seul pôle de développement de Mayotte. Hôpital, collège, lycée, administrations s'y trouvaient regroupés. C'est pour cette raison que le système de barges, une des attractions de Mayotte, se développa autant. Un développement qui n'aurait pas trouvé sa justification si les infrastructures avaient été installées en Grande Terre.
Jusqu'au début des années 1990, les services publics au sens le plus larges étaient encore principalement installés en Petite Terre. Depuis, ils ont traversé le lagon et le statut de "capitale" de Mayotte est définitivement passé de Dzaoudzi à Mamoudzou après la transformation ( tout un symbole) de la Préfecture de Dzaoudzi en centre culturel. Maintenant, Petite Terre ne comporte que des annexes des services de Grande Terre.
C'est également en Petite Terre que vous arriverez puisque l'aéroport de Dzaoudzi y fut construit en 1977. L'usine électrique des Badamiers a également été longtemps la seule source de production d'électricité pour l'ensemble de Mayotte. Elle se trouve au pied du Dziani, un lac de cratère qui est également une des plus belles promenades que l'on puisse faire à Mayotte.
Le lac Dziani, un lac de cratère rempli d'une eau sulfureuse, d'où sa couleur verte, et nausaébonde. Le lieu est chargé d'histoires aussi magiques que mystiques.
On y a installé également les "grandes oreilles", une des quatre bases d'écoutes " satellitaires " de la DGSE qui officie pour les services secrets français et allemands (BND : Bundesnachichtendienst). Un article du Nouvel Observateur dévoila l'existence de ces bases en 2001. : " De Mayotte, la direction technique de la DGSE pourra mieux «couvrir» l'Afrique, le Moyen-Orient et le continent qui monte, l'Asie. " (article complet du Nouvel Obs')
Jusqu'à un passé récent, Petite Terre représentait "l'aristocratie" de Mayotte, Grande Terre étant entièrement agricole. Cette position demeure encore de nos jours, la plupart des gens considérant Petite Terre comme le "quartier riche" de Mayotte. De ce fait, Petite Terre est effectivement plus "coquette" que le reste de Mayotte.