| Avec
80.140 locuteurs âgés de 15 ans et plus, le shimaoré
est, de loin, la langue la plus parlée à Mayotte,
devant le français (54.784 locuteurs), les autres dialectes
comoriens (23.876), le malgache (23.561). Viennent ensuite l'arabe
(3.199) et les dialectes d'origine malgache, kibushi et kiantalotsi
(2.277). (Source: recensement Insee 2002) |
Swafi,
shindzuani ou shingazidja, votre shimaoré ? Le premier,
considéré comme pur, est revendiqué par des
villages tels que M'tsamboro, Sada, Tsingoni ou M'zouazia. Le
shimaoré shindzuani, influencé par le dialecte anjouanais,
est notamment utilisé à Koungou, Majicavo et Labattoir,
tandis que le shingazidja, sous influence grand-comorienne, est
présent à Combani, M'roale ou encore M'ramadoudou,
près de Chirongui. |
Deux
dialectes malgaches, tous deux issus de l'Ouest de Madagascar,
sont parlés à Mayotte. Le kibushi (Bushi signifiant
Madagascar), le plus répandu, est présent à
Handréma, Hamjago, M'tsangadoua, Acoua, M'tsangamouji,
Sohoa, Chiconi, Bambo Est et Ouest, Kani-Kéli, Moutsamoudou,
Dapani, M'ronabeja, Passi-Kéli et M'bouini.
Le
kiantalaotsi, langue des Antalaotra, issus du métissage
entre malgaches de Mahajanga et commerçants arabes, est
parlé à Poroani, Ouangani, et dans deux quartiers
de M'tsapéré et de Passamainty. |
3.000
langues sur les quelques 6.000 langues parlées dans le
monde sont menacées de disparition, selon l'Unesco. Au
cours des trois siècles derniers, des langues se sont éteintes
à un rythme croissant, en particulier en Amérique
et en Australie. |
La
France à elle seule compte 14 langues "gravement menacées".
En Nouvelle-Calédonie, le français a par exemple
exercé une "influence dévastatrice" :
sur 60.000 habitants autochtones de l'île, 40.000 ont oublié
leur langue maternelle. |
"Foumoilapé",
"nandodgé", "dégage" ... l'intégration
de mots français dans le vocabulaire mahorais ne date pas
d'hier et a commencé avec les expressions châtiées
que les colons prononçaient dans les plantations. Le shimaoré
a également hérité de cette époque un
important lexique champêtre (la pelle, la pique, la falaska
(flasque), lita (le temps)...).
Mais le français n'est pas la seule influence extérieure.
"Les vieux parlent un shimaoré truffé de mots
arabes", indique Soulaïmana Rastami. |
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Le fait que les
Mahorais ne parlent pas français dès leur plus jeune âge
est considéré comme un handicap, un obstacle à leur
réussite scolaire et professionnelle, rarement comme une richesse
culturelle à préserver. Jusqu'à présent, tous
les efforts ont tendu à faire gagner du terrain à la langue
française et même si ce n'était pas le but poursuivi,
les langues maternelles, shimaoré et kibushi, en ont pâti.
En métropole, trois générations ont suffi pour voir
s'éteindre des dialectes locaux.
Cela pourrait-il arriver à Mayotte? De plus en
plus de parents décident de parler français à leurs
enfants pour les aider dans leur scolarité. Surtout, les jeunes
qui ont suivi des études parlent un shimaoré "créole"
dans lequel le vocabulaire français occupe une place grandissante.
Tous ceux qui s'inquiètent de l'avenir des langues maternelles
mahoraises proposent une solution : les fixer par écrit et les
enseigner comme langues vivantes dans les établissements scolaires.
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| Palabres
devant la mosquée du Vendredi à M'tsapéré.
En quelle langue ? |
Quand j'étais petite, je parlais patois avec mes
parents et tous les gamins de mon hameau", se souvient Marcelle Marchand-Maillet,
qui était enfant dans les années 1930, en Savoie. "Mais
quand je descendais au village pour aller à l'école, je
parlais français car il y avait des élèves qui le
parlaient déjà dans leur famille. Lorsque j'ai eu des enfants,
nous parlions patois entre adultes. Mes enfants le comprennent à
force de l'avoir entendu, mais ils ne l'ont jamais parlé et s'ils
essaient de dire un mot, ils ont un très mauvais accent. Mes petits-enfants
ne le comprennent même pas. Aujourd'hui, lorsqu'il y a des réunions
de gens de mon âge, j'utilise le français avec des personnes
avec qui, autrefois, je parlais patois. C'est devenu une gêne d'employer
le patois devant des gens qui ne le comprennent pas. Même avec les
paysans du hameau d'à côté, on parle français.
Même avec ma sœur, car elle a du mal à trouver ses mots
en patois. Je le parle encore avec ma belle-sœur mais l'autre fois,
nous avons remarqué que ce n'est plus tout à fait le patois
de nos parents. Par exemple, pour dire la serviette, nous ne disons plus
la pila mais la servietta. Et je me demande si quelqu'un le parlera après
nous..."
Le français, "langue du pain"
Les jeunes filles mahoraises d'aujourd'hui, qui deviendront
grand-mères d'ici quelques décennies, raconteront peut-être
la même histoire. Le scénario qui a vu les dialectes locaux
des quatre coins de la France quasiment réduits à l'état
de folklore pourrait bien se répéter à Mayotte. Certes,
on ne peut comparer les simples patois fIançais avec les langues
comorienne et malgache et leurs variantes locales, le shimaoré
et le kibushi kimaoré. Mais les langues maternelles de Mayotte,
aussi vivantes soient-elles pour l'instant, n'en paraissent pas moins
menacées pour les générations à venir. "C'est
parti pour que la langue disparaisse", affirme ainsi Soulaïrnana
Rastami, professeur de shimaoré dans le cadre de l'association
Shime. "D'ici quelques années, si on ne donne pas plus de
place au shimaoré, nous aurons perdu l'un des meilleurs éléments
que nous pouvons apporter à la richesse nationale. "
A l'origine du problème, la prédominance
du français, langue de l'école, de la réussite professionnelle
et de l'ouverture sur le monde, "langue du pain", comme la nomme
Rastami.
"Partout dans Mayotte, les gens voyagent, il y a
la télé, les parents luttent pour que leurs enfants aillent
le plus loin possible dans leurs études", constate cet instituteur
en formation. "Tout le monde prend conscience que nous vivons dans
un espace fini et qu'on a besoin de s'ouvrir au monde. Et pour cela une
seule fenêtre.. le français. Les gens sont très contents
d'entendre leurs enfants prononcer beaucoup de mots français. Ils
s'inquiètent peu de leur mauvais shimaoré... la langue se
perd."
Un retournement de situation radical si l'on repense
à la méfiance des Mahorais face aux premières écoles
françaises. "Au départ, nos parents avaient refusé
d'envoyer leurs enfants à l'école de peur qu'ils soient
christianisés", se souvient Chamsidine Kordjee, responsable
des archives orales du Conseil général. "Ce n'est que
récemment qu'on a compris l'utilité d'aller à l'école.
Maintenant, tout le monde veut travailler dans un bureau
pour percevoir un salaire mensuel... Le français gagne du terrain
depuis l'implantation des écoles maternelles, et aussi avec RFO.
On ne peut plus décrocher les enfants des dessins animés,
et même nos parents commencent à regarder les feuilletons...
" La progression du français, voulue par le système
scolaire et l'administration, ne serait pas un mal si elle laissait place
à l'épanouissement des langues maternelles. Mais la cohabitation
entre français, shimaoré et kibushi est loin d'être
harmonieuse et équilibrée. Au sein même des familles,
lieu de pratique des langues maternelles par excellence, le français
arrive parfois à s'imposer. Soucieux de voir leurs enfants réussir
leur scolarité, de plus en plus de parents ayant suivi des études
choisissent de leur parler en français, ou bien mélangent
plusieurs langues. Jonglant eux-mêmes entre leur parler maternel
et celui qu'ils ont appris, certains ne savent plus à quelle langue
se vouer...
Maholida Mbechezi, linguiste et enseignante, a adopté
le français pour s'adresser à son fils. "Il parle kibushi
dehors, avec ses copains, sa grand-mère, sa nounou... Si on lui
parle malgache il nous répond en français et si sa nounou
lui parle français il répond en malgache. Il garde toujours
la langue du premier contact", remarque-t-elle. "Mon mari et
moi parlons toujours français, sinon il serait perdu. Quand il
nous entend parler malgache, ça le fait rire. Il faut bien séparer
les deux langues, qu'il puisse faire la part des choses. Du coup, il parle
très bien les deux. Il a même plus de vocabulaire en kibushi."
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Quand
les parents parlent français, c'est auprès des grand-parents
que les enfants apprennent leur langue ancestrale |
Chamsidine Kordjee a adopté la stratégie
inverse. "Il y a des familles qui ont décidé de parler
français à leurs enfants, et cela contribue à affaiblir
les langues maternelles. Moi, non. Je leur parle un peu shimaoré,
un peu kibushi même s'ils ne le comprennent pas bien, et un peu
français. Ils arrivent à faire la part des choses. Il ne
faut pas qu'ils ressentent la contrainte à parler telle ou telle
langue."
Lorsque les parents choisissent de parler français
à la maison, les relations avec les grand-parents sont primordiales
pour que les enfants conservent leurs racines linguistiques. "Les
enfants qui ont gardé des liens directs avec leurs grandparents
ont réappris leur langue ancestrale", observe David Jaomanoro,
responsable du secteur jeunesse du Centre de documentation pédagogique.
"Mais ceux qui n'ont pas cette chance vont la perdre. Il suffira
de 25 ou 30 ans."
Un danger plus immédiat menace cependant les langues
maternelles. "Quand on parle à un ancien camarade, on emploie
un shimaoré qui n'est pas bon mais très plaisant. Ceux qui
le parlent ont l'impression de très bien trouver, les mots",
explique Soulaïmana Rastami. "On parle un medley. On respecte
grammaticalement la partie swahili en y mêlant des mots de français.
C'est ça la façon d'être "in". Plus ça
avance, plus il y a de mots français dans les phrases."
"Déjà, on ne parle plus le vrai shimaoré",
renchérit Chamsidine Kordjee. "Les jeunes n'arrivent pas à
dire des phrases entières sans français. D'ici dix ans,
on ne parlera plus shimaoré mais créole. Il y a une mentalité
selon laquelle on doit se montrer intellectuel... Les gens font exprès
d'utiliser des mots français. Il y a aussi des raisons de facilité.
Il faut creuser pour trouver les mots que l'on n'utilise pas souvent."
Et il devient de plus en plus difficile de creuser : à force de
les remplacer par des termes français, les jeunes oublient carrément
l'existence d'expressions mahoraises.
Selon Soulaïmana Rastami, les habitants de l'île
commencent cependant à prendre conscience de l'importance des langues
autochtones. "Il y a une sorte de réveil, tout le monde s'accorde
à dire que les jeunes ne savent pas bien parler shimaoré.
Il y a trois groupes de personnes qui s'en préoccupent. D'abord,
le commun des mortels qui, à chaque fois que se constitue un petit
groupe, essaie de jouer le jeu de la langue. Ensuite, les politiciens
qui doivent à la fois parler français et shimaoré,
même si peu arrivent réellement à parler leur langue.
Et puis, les linguistes."
Le "medley" des jeunes branchés
Des travaux ont été effectués pour
fixer la base grammaticale du shimaoré, des dictionnaires écrits,
mais chaque auteur utilise l'orthographe qui lui semble la plus pertinente.
Pour aller au-delà, il faudra décider d'une zone géographique
de référence -la langue est différente selon les
villages - et "déterminer les frontières entre les
mots". "Nous devons bientôt travailler à la mise
en place d'une réglementation de l'écriture", explique
Soulaïmana Rastami. "C'est un travail de longue haleine. On
va se heurter aux positions variées des linguistes." L'association
qu'il préside, Shime, a écrit au Conseil général
pour lui demander de soutenir la fixation de l'alphabet. Elle n'a pour
l'instant reçu aucune réponse.
"Il faut non seulement écrire la langue mais
il ne faut pas s'arrêter là, car le grec et le latin sont
écrit !; mais ce sont des langues mortes", souligne cependant
l'instituteur. "Il faut que le shimaoré puisse être
enseigné à l'école, je pense à partir de la
6e. Car une fois qu'on s'est débattu pour comprendre la grammaire
française et qu'on commence l'anglais, on a de la place pour sa
langue maternelle. Cela permettrait de faire un bon face à face
avec les autres langues. On aurait avec le shimaoré un bon outil
pour l'instruction des enfants. Il ne remplacerait pas la langue française
mais constituerait une matière scolaire."
Une idée sur laquelle a commencé à
se pencher le vice-rectorat. "Mais ça ne peut pas se faire
n'importe comment", précise Philippe Couturaud. "Il faut
d'abord faire un travail universitaire à propos de ces langues
et j'envisage de travailler avec l'Inalco."
Pour Chamsidine Kordjee, les Mahorais ne sont néanmoins
pas prêts à faire étudier les langues maternelles
à leurs enfants. " Il n'y a pas de volonté politique
parce que les Mahorais espèrent que Mayotte devienne un département
français. Pour eux, l'apprentissage des langues maternelles, la
mise en valeur de la culture locale freinerait ça. Peut-être
qu'après 2010, une fois qu'ils auront eu ce qu'ils veulent, ils
auront envie de revenir à leurs langues."
Après avoir imposé la langue nationale
au détriment des cultures locales, la France tend pourtant aujourd'hui
à reconnaître les spécificités de ses territoires.
Dans plusieurs départements d'outremer et dans des régions
métropolitaines à forte identité, l'enseignement
facultatif des langues locales a ainsi été mis en place.
"Il faudrait que les détenteurs de la langue s'affichent",
conclut Soulaïmana Rastami. "Il y a beaucoup de choses qui se
perdent mais puisqu'on se dit que ça ne sert pas, ce sera perdu."
Pour trouver le bon mot
Chamsidine Kordjee, responsable des archives orales et
passionné de langues, prépare un bulletin semestriel intitulé
"Taãrifa" ("Les nouvelles"). Dans le premier
numéro, qui devrait paraître en janvier prochain, des expressions
aussi rébarbatives qu'appointements, adjudication, contractuel
ou "pour convenance personnelle" seront traduites au sein d'un
lexique consacré à l'administration. A chaque parution,
un lexique thématique permettra aux locuteurs shimaoré et
kibushi de trouver le bon mot pour s'exprimer sans recourir à des
termes français. Des textes historiques - l'acte de cession de
Mayotte à la France - politiques - un discours de Brigitte Girardin
- poétiques, des contes et des devinettes y seront également
transcris en fIançais, sbimaoré, kibushi et kiantalaotsi,
en caractères latins et arabes.
"D'abord unifier les langues"
Ali Halifa, est conseiller général de Chirongui
et responsable de la Commission formation, jeunesse et culture du Conseil
général.
Que pensez-vous de l'idée d'enseigner le shimaoré
et le kibushi dans les établissements scolaires ?
Je n'y suis pas défavorable, mais il faut d'abord
travailler ces langues, les unifier, car pour l'instant on a des dialectes
qui ne sont pas tous les mêmes. Pourquoi ne pas faire des recherches
? Nous avons actuellement des gens compétents. Si le vice-rectorat
accepte, nous y serons très favorables.
C'est justement ce que demande l'association Shime,
qui a adressé au Conseil général une lettre lui demandant
de soutenir les démarches en faveur de la fixation de la langue...
Le Conseil général est ouvert à
toutes les associations si elles vont dans le sens de l'intérêt
de Mayotte, surtout s'il s'agit de développer les langues. Et au
niveau de l'éducation nationale, des commissions travaillent là-dessus.
Nous souhaitons travailler avec le vice-rectorat.
On ne cesse de répéter que les Mahorais
veulent avant tout que leur île devienne un département français.
Cela va-t-il à l'encontre de la, mise en valeur des spécificités
locales ?
Si on suit les textes de sa Constitution, la France accepte
toutes les spécificités. Pourquoi pas Mayotte ? Le droit
commun accepte toute diversité. L'Etat français nous acceptera
comme nous sommes.
Le complexe kibushi
Si un long travail est nécessaire pour fixer et
enseigner le shimaoré, que dire du kibushi kimaoré, le dialecte
malgache de Mayotte? Cette langue est tellement méconnue qu'une
affiche de la Dass contre le paludisme portait, en guise de traduction
kibushi, un texte rédigé dans la langue officielle de Madagascar...
un parler complètement étranger aux Mahorais d'origine malgache.
"Personne ne comprenait rien !", sourit la linguiste Maholida
Mbechezi. Dans le cadre de l'Institut d'apprentissage du français,
supprimé en 2001, la jeune femme avait décrit la phonologie
et commencé à fixer la syntaxe du kibushi. Rien n'a été
fait depuis. "Les gens me demandent. Pourquoi retranscrire le kibushi
alors que le malgache écrit existe ? Mais ça n'a rien à
voir."
"Le kibushi est tellement imprégné
du shimaoré, du bantou, de l'arabe qu'il n'a rien à voir
avec le malgache", explique en effet David Jaomanoro, originaire
de Madagascar. "Il est issu du parler sakalave de la côte Ouest
de Madagascar. Ceux qui viennent d'autres régions ne comprennent
rien au kibushi. C'est un vieux malgache. Avec les gens de Chiconi, je
retrouve le parler de mes grand-parents." Pourvu d'une structure
moins compliquée que celle du shimaoré, le kibushi ne comprend
pas de marque du pluriel sur le nom, pas de différence entre le
je et le moi, pas de conjugaison. "On dit "Moi vouloir de l'eau"",
indique Maholida Mbechezi. Le kibushi subit non seulement la domination
du français, mais également celle du shimaoré. Absent
des médias, il n'est utilisé que s'il constitue la langue
maternelle de tous les interlocuteurs. "Un seul Mahorais devant un
public de centaines de kibushi va toujours imposer sa langue", s'insurge
Chamsidine Kordjee, responsable des archives orales. "Souvent, les
gens ont honte de s'exprimer en kibushi. On le considère comme
une langue de seconde zone. Dans les mariages, les réunions publiques
et politiques, les mosquées, c'est toujours le shimaoré
qui domine. RFO ne participe pas à l'épanouissement des
langues. Je suis l'un des seuls à oser m'y exprimer en kibushi.
Les malgachophones comprennent tous le shimaoré mais ont du mal
à y répondre. Ils sont complexés."
Le kibushi, minoritaire, est donc selon lui davantage
menacé que le shimaoré. "Déjà, beaucoup
de villages qui parlaient malgache ne le parlent plus. Par exemple, à
Pamandzi, les habitants du quartier Sandravoingui s'expriment maintenant
en shimaoré à part quelques familles. "
Li.G.
Dossier publié par Mayotte Hebdo le 18 juin 2004 |